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  • matthieu davette

The Doors, Strange Days

Ma Chronique Vinyle - Jour 11


C'est un post assassin sur Facebook, orchestré par un journaliste de rock, qui m'a donné envie de réécouter Strange Days des Doors. Le claviériste des Stranglers, Greenfield, venait de mourir et le journaliste regrettait "la comparaison systématique entre lui et Manzarek", des Doors. Pour lui, le second faisait de "l'orgue de barbarie bon pour accompagner les nains, les rémouleurs, les poètes psychédéliques et les cracheurs de feu". J'ai pensé à la pochette de Strange Days, avec sa photo d'artistes de rues, que j'aimais beaucoup, et me suis dit, tiens, voyons ça. Alors j'ai saisi le vinyle et l'image me semblait toujours réussie. Une photo prise par Joël Brodsky, également auteur du cliché de Jim Morisson le plus connu, mémorable, où il pose torse nu les bras écartés. Oui des artistes de rue, en tous cas sur la pochette, même si la légende veut que le photographe ait fait appel à des passants, et autres chauffeurs de taxi. Pourquoi pas. Le nom du groupe et de l'album est intégré dans la photo comme s'il s'agissait d'une simple affiche accrochée par hasard sur un mur, reprenant une image des Doors présente sur leur premier disque, barrée des mots "Strange Days". Une belle mise en perspective pour un album aux textes assez sombres. Et la musique alors ? Eh bien on y trouve quand même un des meilleurs morceaux du groupe, "People are Strange", et des riffs de claviers pour l'éternité, par exemple celui ouvrant "When The Music Is Over". C'est vrai qu'on aimerait à certaines moments que Jim Morisson soit moins maniéré, qu'il cesse ces hurlements de "poètes psychédéliques" en rut. D'un autre côté, à l'écoute du disque, on est surpris de constater que tous les morceaux sont des tubes, qu'il n'y a pas un déchet, ce qui est finalement assez rare. D'accord, les Stranglers ont enregistré des titres d'une finesse exemplaire ("Golden Brown", "Peaches", "Midnight Summer Dream"), avec trois instruments mélodiques au lieu de deux (les Stranglers ont un bassiste, n'hésitant pas à créer des mélodies, en plus d'un guitariste et d'un claviériste, tandis que les Doors n'ont qu'un clavier et un guitariste), mais ils l'ont fait sur plusieurs disques qui comportent chacun quelques titres dispensables... Ce n'est pas la même époque, dix ans sépare l'apparition des deux groupes. Autant la carrière du premier est dense et fulgurante, aidée (ou gênée au contraire, c'est selon) par la trajectoire de météorite de la star Morisson, autant celle du second s'installe dans la durée. Arrivés au moment du punk, les Stranglers sonneront décalés par rapport au mouvement, avec leur orgue, mais se rattraperont vite quand arrivera la new-wave. Aucun nom n'émergera du groupe, qui restera, lui, sans égo débordant. Alors, pourquoi les comparer me direz-vous ? Il parait que les membres fondateurs des Stranglers cherchaient à obtenir un son "à la Doors", lorsqu'ils ont mis une annonce pour trouver un clavier. Oui mais Greenfield s'est toujours défendu d'être influencé par Manzarek. Il préférait Yes et Deep Purple. Au final, les deux groupes, très différents, sont aussi importants. Restent les pochettes. Là, aucun problème, celle de Strange Days gagne haut la main ! We want the world and we want it, now !


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