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  • matthieu davette

Christophe, Les Vestiges du Chaos

Mis à jour : mai 26

Ma Chronique Vinyle - Jour 9


J’ai commandé deux disques de Christophe en vinyle avant que ne sortent l’inévitable album posthume et les éditions « remasterisées » des anciens - en général, je n’aime pas tellement ce genre de productions, un peu « fouilles poubelles ». La «`remasterisation » est une arnaque de ces trente dernières années pour faire tourner l’industrie du disque. Quant aux œuvres posthumes, Kundera en parle très bien dans un livre magnifique qui s’appelle Les Testaments trahis. À propos de Kafka, il s’indigne des livres publiés après sa mort par son ami Brod, contre son autorisation - Kafka avait laissé des instructions pour qu’on détruise tout ce qui n’était pas sorti de son vivant. Quand l'artiste n'est plus là pour contrôler sa production, il y a des chances qu'elle ne lui ressemble pas. L’album posthume de Bashung par exemple, il est honnêtement en dessous de ce qu’en ont dit les médias. Le peu que j’ai entendu ne sonne pas comme un de ses disques. Guitare et voix en avant, comme ça, ce n’est pas son habitude. Même chose pour celui de Léonard Cohen, dont la voix paraît détachée de la musique. Bref, revenons à Christophe. Il n’y a pas grand-chose à dire sur Bevilacqua, un album de 1996 qui porte en germe ceux, magnifiques, qui allaient suivre. C’est déjà beaucoup. Parmi ceux qui suivraient, justement, se trouve son dernier, Les Vestiges du Chaos. J’ai hésité à le commander. Mon fils m’a dit, « Quand même, tu l’as déjà en CD ! Et il est cher, vingt-trois euros. » Je lui ai pris deux exemplaires du manga One Piece, une série de BD interminable de quatre-vingt treize tomes, et il a été moins réticent. J'avais l'album entre les mains quelques jours plus tard. Les pochettes de Christophe ne sont pas particulièrement originales, mais elles ont le mérite de suivre une ligne directrice : un portrait du chanteur. Celui des Vestiges du Chaos occupe une place particulière dans sa discographie, il a été pris par sa fille photographe, Lucie Bevilacqua, et c'est peut-être pour cela que je lui trouve davantage de tendresse qu'aux autres. C'est ma pochette préférée avec celle de Comm' si la terre penchait - je n'aime pas tellement la pose de dandy des Paradis Perdus. Quand on a écouté le disque, « Stella », le premier morceau, a été repris en chœur par les enfants, il leur rappelle les vacances d’été – l’album est sorti un printemps et on l’avait écouté tout l’été. Et puis, à un moment, une certaine agitation a régné autour de la platine disque. En m’approchant, j’ai découvert ma compagne tentant tant bien que mal de repositionner le saphir au début de la chanson « Dangereuse », que l’on venait d’écouter. S’y reprenant à plusieurs fois, elle a dit, « C’est ça le problème avec les vinyles ». Le morceau a été joué à nouveau. Elle pleurait. Ce n’était encore jamais arrivé sur aucun des vinyles. J’ai bien sûr cessé de douter. Je tenais là un disque qui faisait l’unanimité à la maison. (02/05/2020)

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