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  • matthieu davette

(Montréal 1) Oiseaux-Tempête, From Somewhere Invisible

Mis à jour : mai 12

Ma Chronique Vinyle - Jour 6


Dans la ville de Montréal se nichent deux studios d’enregistrement importants : l’Hôtel2Tango et le Breakglass. On reviendra sur le second. Le premier a été fondé par quatre ingénieurs du son et musiciens, des magiciens capables de sortir des disques à contre-courant, décalés, souvent sans argent, qui s’imposent sur la scène internationale. Parmi eux, deux sont membres de Godspeed You ! Black Emperor : Efrim Menuck et Thierry Amar. C’est donc naturellement qu’ils y enregistrèrent Slow Riot For New Zero Kanada, un Ep de deux titres de vingt minutes non chantés, qui s’imposa à la fin de années 90 comme un des meilleurs Eps jamais produits, totalement à contre-courant de ce qui triomphait à l’époque dans le rock, Placebo au hasard. Au dos de la pochette on trouve les instructions en italien pour confectionner un cocktail Molotov... Le troisième, Howard Bilerman, y enregistra en 2004 l’album Funeral d’Arcade Fire, un disque qu’on ne présente plus et qui fut élu meilleur album des années 2000 par de nombreux critiques. Un retour au chant, avec un mélange de guitares et d’instruments folkloriques, à un moment où la mode était aux instrumentaux. Une dizaine d’années plus tard, le quatrième fondateur de l’Hôtel2Tango, Radwan Ghazi Moumneh, libanais d’origine, rencontra les Français de Oiseaux-Tempête en tournée. Il leur proposa de venir enregistrer à l’Hôtel2Tango et alla plus loin en bloquant deux jours de studio pour eux en 2017. Le résultat est un disque sorti fin 2019, From Somewhere Invisible, parfaitement réussi et hors-normes à la fois. Un alliage de textes déclamés et de musique hybride, débridée, improvisée, mais maîtrisée. Le premier morceau est une superbe réussite du genre. Un texte de Mahmoud Darwish sur la différence, l’autre, la rencontre, dit sur une musique parfaitement accordée, avec ce qu’il faut d’inquiétant, mais aussi de surprise et d’ouverture. Un disque moderne et chaotique, libre et vivant, reflétant l’époque. Je connaissais certains membres de Oiseaux-Tempête, que je n’avais pas vus depuis dix ans. J’avais seulement croisé le batteur Jean-Michel Pirès chez Bruit Noir et échangé avec lui à la Philharmonie dans l’expo Al Musiqa. J’ai acheté le vinyle de Oiseaux-Tempête un samedi. Le dimanche matin, ma compagne se réveillait avec, en douceur... Le soir même, nous allions voir les Young Gods en concert à la machine du Moulin Rouge. Au bar, je me posais à quelques centimètres de... Stéphane Pigneul, le bassiste des Oiseaux-Tempête. Des magiciens, je vous dis. (19/04/2020)

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